Jean-Philippe Weinstein (Lyon 1996)

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Jean-Philippe Weinstein est associé en clientèle mixte à dominante rurale en Alsace. Mais il est aussi éleveur de bovins Charolais en Gaec, à mi-temps.

« Mon activité agricole est une passion »

Eleveur et vétérinaire : comment partages-tu ton temps ?

Dr vétérinaire Jean-Philippe Weinstein Jean-Philippe : Sur le papier, mes deux activités professionnelles m’occupent chacune à mi-temps. Je suis « vétérinaire » du premier novembre au 30 avril, puis « éleveur » les six autres mois de l’année. La réalité, évidemment, n’est pas si tranchée. Je vis sur le site de l’exploitation agricole et j’interviens régulièrement dans l’élevage, lorsque la situation le nécessite. De la même manière, je reste joignable par le cabinet toute l’année, et je me rends disponible si besoin.

Qu’est-ce qui t’a amené à effectuer ces deux activités ?

Jean-Philippe : Je suis fils d’éleveur et la reprise de l’exploitation familiale a toujours été une évidence pour moi. J’ai choisi d’être vétérinaire car c’est une profession qui permet de rester en lien avec le monde agricole. Mon objectif était de pratiquer en rurale et de concilier, à moyen terme, cette activité avec celle de l’élevage. Dans les faits, j’ai pris en charge la ferme de mes parents plus rapidement que prévu. J’ai tout de suite travaillé avec un exploitant voisin, avec qui je me suis ensuite associé en Gaec. Nous avons fusionné nos cheptels en 1999. Nous travaillons ensemble la moitié de l’année et le reste du temps, il assume seul les tâches quotidiennes, avec notre salarié. Cette organisation était prévue dès le départ. Notre troupeau compte 130 mères de race Charolaise, et la plus grosse partie des vêlages se passe entre mi-août et fin octobre, lorsque je suis présent.

De la même manière, la situation a toujours été claire avec mes associés vétérinaires. Notre association résulte du rapprochement de deux structures, dont l’une où j’étais le salarié d’un confrère proche de la retraite. Ils étaient trois associés dans l’autre, et ont accepté de passer à trois et demi, plutôt qu’à quatre.

Globalement, un tel partage sur deux métiers n’est possible qu’avec la bonne volonté des associés de chaque côté.

 Dates clés :
1972 : Naissance.
1990 : Baccalauréat.
1990-1992 : Classe prépa à Berthelot (Saint-Maur).
1992-1996 : Etudes vétérinaires à l’ENV Lyon.
1997-2002 : Salarié vétérinaire et exploitant agricole.
1999 : Association en Gaec pour l’activité agricole.
2003 : Association au cabinet vétérinaire de Sarre Union.

Quelles sont les principales difficultés de cette double profession ?

Vaches à l'étableJean-Philippe : Le partage de l’année colle bien aux deux activités. Dans le Gaec, en plus de l’élevage, nous avons une surface cultivée de 150 hectares, qui demandent beaucoup de travail au printemps et en été. C’est plutôt l’inverse côté vétérinaire, où notre activité est rurale pour les deux tiers (à 50/50 en production laitière et viande), complétée par 10-15% d’équine et le reste en canine.

Mais une double profession engendre le double de problèmes, et toute l’année. Il est alors difficile de trouver de la disponibilité pour les solutionner, surtout sans léser mes associés, d’un côté comme de l’autre… et sans (trop) empiéter sur ma troisième activité, familiale ! La mise en place a été un peu sportive. Mais après quelques années, et une hausse des effectifs à la clinique comme au Gaec, je pense avoir trouvé un bon équilibre.

Ou alors, c’est que je me suis habitué ! Car évidemment, assumer deux métiers reste très chronophage et je dépense sans doute beaucoup plus d’énergie que si je n’en avais qu’un.

Et que t’apporte chacun de ces métiers ?

Jean-Philippe : L’avantage de ma situation est la diversité de mon travail. Mon activité agricole est celle qui me passionne le plus. Si je devais choisir, c’est celle que je conserverais. Mais la pratique vétérinaire procure un autre cercle de relations, davantage de contacts et d’ouverture d’esprit. Les mois où j’ai ma casquette d’exploitant agricole, il peut se passer une semaine complète sans que je ne sorte de la ferme. Bien sûr, l’activité vétérinaire est aussi plus intéressante du point de vue des revenus qu’elle génère.

Globalement, ma situation produit plus de satisfactions que d’inconvénients. Je ne regrette pas mes choix et je n’envisage pas de changer, en tout cas pas dans les années qui viennent.

Quels souvenirs gardes-tu de tes études : la classe prépa puis l’école ?

Jean-Philippe : La prépa a été un passage obligé, des plus difficiles. La pression psychologique (surtout la première année), la charge de travail et l’éloignement géographique étaient très durs. Il n’y a pas de comparaison possible avec les années d’école dont je garde de nombreux bons souvenirs. Nous avions beaucoup de temps libre, de détente et d’amusement, pour seulement un mois de stress avant les examens…

J’ai apprécié la qualité de l’enseignement, d’un point de vue technique. Je regrette simplement l’absence de formation sur le volet "gestion d’entreprise" de la profession de vétérinaire. C’est un apprentissage réalisé sur le tas et c’est dommage.

Comparé à ma génération, j’ai aussi le sentiment que les étudiants d’aujourd’hui sont moins impliqués que nous ne l’étions. Beaucoup (pas tous) attachent plus d’importance à leurs droits qu’à leurs devoirs et attendent une rémunération avant de chercher à apprendre lorsqu’ils débutent. C’est sans doute un effet de la convention collective.

la clinique vétérinaire du Dr Jean-Philippe Weinstein

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